Psychogénéalogie : que faire quand l’histoire bégaie ?

Suite à l’article sur le décodage biologique du cancer du foie, Sophie me parle de son frère hémophile décédé du cancer du foie.

Mais dans un second commentaire, j’apprends que son fils est hémophile comme ce frère. L’histoire se répète !
Que faut-il en conclure, et surtout, peut-on, et de quelle manière, arrêter le processus ?

 

Sophie :

J’ai perdu mon frère il y a 6 ans.
Il était hémophile et à l’âge de 6 ans un coup dans le dos a provoqué un éclatement du foie. Son hémophilie a nécessité qu’on le transfuse et à l’époque cela a occasionné la transmission du virus de l’hépatite C qui a évolué au bout de trente ans en cancer du foie.

Je trouve donc beaucoup d’informations dans le décodage que vous donnez, notamment peut-être sur le sens de la vie perdu. Cependant, là où je comprends moins c’est que mon frère était quelqu’un de profondément affable, très dévoué, peut-être ultra dévoué. Et reconnu pour cela. Peut-être était ce sa façon d’exorciser cette colère?

Réponse :

Bonjour Sophie,

Désolé pour ton frère.
Il est parfois difficile de savoir quand les personnes refoulent leur colère, puisque justement ils n’en laissent rien paraître.

Peut-être en voulait-il au monde entier de ne pas avoir eu de chance dans son enfance, de ne pas pouvoir vivre sereinement comme les autres ?

Parfois la colère ne nous appartient pas, mais reste gravée en nous; J’évoquais justement cela dans ma réponse à Goarin dont le père est parti d’un cancer du foie :

« D’après ton commentaire, ton père était du genre à exprimer sa colère puisqu’il était très violent, mais ça ne l’a pas empêché de reporter cette colère sur le foie. Il faudrait dénouer l’histoire familiale, pour comprendre d’où lui venait cette colère, finalement jamais assouvie. »

 

Sophie :

Merci Daniel.
En tous cas, je te remercie infiniment, vraiment et voilà pourquoi :
tu viens peut-être d’éviter à mon petit garçon de 10 ans bien des désagréments.
Je m’explique : effectivement, mon frère était en colère après la Vie je pense, d’avoir été si tôt victime de cet accident, qui lui a occasionné beaucoup d’hospitalisations, d’opérations, de graves soucis de santé et l’a en quelque sorte empêché de vivre sa vie comme un homme « normal ». C’est ainsi en tous cas qu’il l’a vécue. A la fois à cause de son éclatement du foie, mais aussi à cause de l’hémophilie.
Et en te lisant, tu m’as fait prendre conscience que mon petit garçon a la même attitude face à son hémophilie qui l’empêche de faire du rugby, du judo, et tout ce qu’il voudrait faire comme les copains qui lui/leur donne une forme de petite confiance masculine. Il a la même colère face à la Vie.
D’autant qu’il n’a pas été épargné par la douleur familiale du décès de son tonton, et qu’inconsciemment, du fait de leur hémophilie commune, une corrélation s’est faite entre eux.
Donc, je vais m’atteler à cela, l’approcher avec mon petit bout de chou.
Alors merci pour cette prise de conscience, merci pour mon fils, Daniel.

Réponse :

Chère Sophie,

Houlà, on vient de « lever un lièvre » comme on dit. Et celui-là est de taille !

Pour commencer, il serait intéressant de connaître l’éclairage que nous donne le décodage biologique par rapport à l’hémophilie.

L’hémophilie se traduit par une incapacité du sang à coaguler. Une menace pèse toujours sur les hémophiles, car ils peuvent se vider de leur sang suite à la moindre blessure. Perde le sang, perdre le sens, le parallèle est assez flagrant.

Il est très intéressant d’apprendre que seuls les garçons développent cette maladie, et qu’elle est transmise par la mère.
Aussi, on peut en conclure que la mère a trop d’importance et d’influence dans la vie de ces garçons.

Leur challenge sera de trouver tous seuls le sens de leur vie, et la joie de  vivre  en partant de leurs désirs, leurs pulsions et non de ceux de la mère.

L’enfant ne se sent pas en sécurité, et ne réussit pas à trouver sa place parmi les autres enfants, d’autant qu’il est privé de jeux sportifs avec eux,  ni dans la société puisqu’il n’a pas accès à tout ce qui « donne une forme de petite confiance masculine » comme tu les dis fort justement.

S’ensuit une grande solitude et le sentiment de ne pas pouvoir avancer seul dans la vie.

Donc Sophie, de ce côté,  je ne connais pas ta vie, mais sois peut-être moins maternante (au sens de ne pas trop le couver), transmets la confiance à ton fils, dis-lui qu’il soit moins sur la défensive, qu’il éprouve malgré tout plus de joie, plus d’amour et de douceur dans sa vie.

J’ignore également s’il voit son père, mais, au vu de la symbolique de la maladie, tu comprends bien que le père peut vraiment la contrer par une attitude valorisante envers son fils.

Pour ce qui est maintenant de la répétition de l’histoire :

En psychogénéalogie, si les dates de naissance ou de conception de ton fils sont proches à moins d’une semaine près de la date de naissance ou de décès de ton frère, le lien invisible sera encore plus fort.

Même si ce n’est pas le cas, il se peut que ton fils ait été marqué bien inconsciemment par le décès de ton frère. Tu écris :

« Du fait de leur hémophilie commune, une corrélation s’est faite entre eux. »

C’est dans l’autre sens qu’il faut lire l’histoire :

« Du fait de leur corrélation, mon fils a développé l’hémophilie comme lui. »

Je te conseille vivement de lire  le syndrome du gisant  de Salomon Sellam à ce sujet. Un livre capital selon moi !

A toi de l’aider à dénouer le lien invisible, qui peut se reporter sur 5 générations !

Tu peux déjà, si ce n’a pas été le cas, parler à ton fils de ton frère, de sa colère, de sa souffrance… mais aussi de ta souffrance au moment de son décès, de la souffrance de ton fils (il avait 4 ans quand c’est arrivé, mais peut-être en a-t-il des souvenirs ?).

Sinon, je t’encourage vivement à voir une psy pour enfants (si tu es sûre d’en connaître une bonne) ou une kinésiologue (je préfère).

Laisse-toi guider par ce qui se présente sur ta route et par ton intuition. Ta venue sur le blog était la 1ère étape, nul doute que tu iras vers d’autres ou qu’elles se présenteront à toi. Sois à l’écoute.

Bon courage

:face :

Daniel

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6 commentaires pour Psychogénéalogie : que faire quand l’histoire bégaie ?

  1. Sophie dit:

    Cher Daniel,
    oui, tu as vu juste, je suis une maman très couveuse avec mon fils, comme l’était ma mère avec mon frère, nos attitudes à l’égard de nos garçons ayant causé bien des incompréhensions, et jalousies dans la famille.
    Tu as un ressenti et une intuition très justes, voire troublants, sur le vécu de mon garçon, et de notre famille en général.
    Mais….le simple fait de transmettre confiance et joie à mon fils arrêtera t il ce processus étant donné que l’hémophilie est une maladie génétique?
    Mes filles ont un taux de coagulation normal (ce qui n’est pas mon cas par exemple), mais je ne sais pas à l’heure actuelle si elles sont porteuses du gène déficient. Et peut être n’auront elles jamais de petits garçons? Bien des questions..
    Je te remercie de ce partage éclairé et de tes conseils.
    Je suis aussi plus favorable à l’intervention d’un kinésio.
    Amicalement

    • Daniel dit:

      Désolé de te décevoir Sophie, mais je n ‘ai pas de don de voyance, mais par contre, le décodage biologique peut expliquer le passé et voir l’avenir!
      Je ne crois pas plus aux maladies génétiques qu’aux maladies supposées incurables. Sans parler de guérison, tu peux peut-être atténuer la gravité de son hémophilie. Je ne connais pas cette maladie (moi mon crédo c’est le cancer :happy: ) mais je lis vite fait sur le net qu’il y a le stade sévère de la maladie et le stade modéré.
      Reste à comprendre d’où vient ce besoin de couver les garçons chez les femmes de deux générations (ou plus?). Un aïeul qui n’a pas été assez protégé? Un enfant mort-né dans la famille? Je ne fais pas de voyance non plus, mais j’essaie de comprendre par la psychogénéalogie… :face: Daniel

      • Sophie dit:

        Bonjour Daniel,
        effectivement il y a un souvenir qui me revient, que j’avais occulté : j’ai souvent entendu ma mère parler d’un petit frère décédé à l’âge de deux ans sous les yeux de la famille, suite à une chute dans une grosse bassine d’eau bouillante.
        C’est peut être une piste sur les « fils protégés » dans notre famille.
        Merci pour ces indications,
        Bonne journée « porte bonheur »,
        Amicalement.

        • Daniel dit:

          Pff! si ce n’était de la psychogénéalogie, c’est sûr qu’on pourrait croire à de la divination!
          Ce nouvel élément est capital. J’imagine toutes les répercussions psychiques que cet accident a eu sur toute la famille! Et les symptômes que cela a engendré.
          Si on oublie le côté atroce de l’histoire, on ne peut que faire un parallèle entre le sang que l’on dit bouillonner de vie, ou autres expressions comme avoir le sang chaud, et le bain bouillant.
          Pour l’hémophile, il y a toujours la menace de mort sous-jacente (tomber dans le bain bouillant) et quelque part dans son inconscient se trouve cette idée saugrenue:
          Si je bouillonne de vie – car le sang ne demande qu’à sortir – je ne mourrais pas…
          C’est en tout cas plus q’une piste, c’est un boulevard.
          Bonne réflexion :face: désolé pas de muguet…
          Daniel

  2. Sophie dit:

    Et puis écoute Daniel, je viens d’aller lire le résume du « Syndrome du Gisant » et je suis stupéfaite du parallèle que je peux faire avec mon garçon et ce qu’il représente dans notre famille.
    Oui, il va falloir que je corrige cela dare-dare.
    J’ai oublié aussi de te donner les dates de naissance : mon frère un 16 et mon fils un 19.
    (Et je suis peut etre un peu hors sujet en indiquant cela : je suis née un 19 janvier et mon fils un 19 février. Mes filles elles sont nées un 12 février et un 7 mars. 12+7…Ces dates m’ont toujours troublée, même les enfants l’ont remarqué tous seuls).

    Et je reste a l’écoute de ton blog, car drôle de synchro : samedi je l’ai visité pour la première fois et il n’y avait que le décodage du cancer de l’estomac, et je me suis dit dommage, ça serait bien qu’il y ait aussi un décodage du cancer du foie. Et tu l’as écrit le jour même. :-)

    Bonne soirée, bien à Toi.

    • Daniel dit:

      Je jubile chaque jour du pouvoir de ces synchronicités :tongue: L’univers est entré dans une nouvelle phase, et il y en aura de plus en plus! D’où l’intérêt d’être à l’écoute.
      Pour les dates, oui c’est hors-sujet, mais il y a certainement un sens en numérologie que je connais peu. Je voulais dire les dates au sens jour et mois.
      Ex: décès du frère le 15 sept et conception du fils le 9 sept (peu importe l’année) et là un lien se fait, une compensation inconsciente en somme (voir théorie sur les enfants de remplacement chez Salomon Sellam ou AA Shutzenberger)

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